Raffaëla Anderson, Tendre violence, 2006

Résumé

Ce court témoignage vient compléter le précédent, donné dans HARD. Raffaëla y raconte d’abord son enfance, qui est restée tue dans le précédent témoignage. On y découvre que Raffaëla, qui grandit en cité, y est violée depuis la plus petite enfance par son oncle. A ce traumatisme, qui la détruit d’autant plus que cet inceste est habituel et comme ritualisé, s’ajoute le mépris et la violence de ses frères, mépris auquel ils se croient tenus comme musulmans pour la fille puis la femme qu’elle est.

Raffaëla avec cette autre biographie nous donne les clefs qui expliquent son choix de la pornographie, et montre aussi une évolution depuis l’ouvrage précédent : elle se montre ici plus ferme contre l’industrie du X, qu’elle défendait davantage dans son précédent témoignage. 

Avis personnel

Pas plus que précédemment, aucune sorte d’artifice littéraire, un style très oral, sans doute revendiqué par cette femme qui est fière d’être franche. Le livre aborde moins le sujet de la pornographie que le précédent, plus rares y sont les descriptions et dénonciations de l’industrie pornographique. S’il scrute davantage sa vie personnelle (viols, humiliations, addiction à l’herbe, la cocaïne, l’alcool, deuils, homosexualité et histoire de coeur…) il témoigne aussi d’une évolution de l’auteure qui semble avoir pris distance avec le “milieu”. 

Extrait

(après sa toute première prestation) « Pendant le dîner, le Boss m’avait glissé qu’il aimerait me faire tourner dans ses films. Cette nuit-là, je ne suis pas parvenue à m’endormir tant ça fusait dans ma tête. Je ne pensais pas à ce que je venais de faire, je mesurais ce qui semblait enfin s’offrir à moi : l’argent, la liberté. Mon cœur battait à se rompre quand quelques jours plus tard le téléphone a sonné. On me demanderait de faire des choses plutôt trash, mais j’étais lancée.

L’anal, je n’avais aucune idée de ce que c’était. Après, je ne faisais plus trop la fière, mais pour rien au monde je n’aurais décevoir le Big Boss. Il me faisait confiance, il me donnait ma chance, je me devais d’être à la hauteur. Et puis qui se plaindrait d’empocher dix mille balles pour cinq jours de tournage ?

Le plus dur n’est finalement pas ce qu’on croit. Le plus dur est bien de crier pour montrer combien on est censée aimer ça. Je suis restée muette longtemps, mais le Big Boss a su être patient. » pp. 98-99

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