Florent Badou, Avant j’étais accroc au porno, 2015

Résumé

Le livre se présente comme une méthode pour sortir de la pornodépendance. L’auteur, sur un ton décontracté, parfois familier ou humoristique, présente à grands traits ce qu’est la pornographie et comment elle rend dépendant. Il explique ensuite quelles sont les étapes indispensables pour sortir de cette prison, en ponctuant son explication de son propre témoignage et d’autres témoignages reçus par son site internet. Le livre a vocation à renvoyer vers le site, qui est sans cesse enrichi de nouveaux témoignages. Chaque chapitre se termine par une série d’exercices pratiques, confirmant ainsi l’ouvrage dans son objectif de véritable thérapie pour sortir de la dépendance. 

Avis DésintoX  

Le livre a une simplicité de ton, une sincérité aussi de propos qui le rend convaincant pour un public très large. Il ne se départit pas de la modestie de son objet, n’entre jamais dans des considérations trop techniques ou philosophiques qui pourraient freiner certains, bien qu’il soit fort bien renseigné et jamais irréfléchi. Un vrai outil à recommander à toute personne qui peine à sortir du bourbier de la pornodépendance, mais encore un livre informatif assez général et efficace sur le phénomène social de la pornographie.

Extrait

«  Je l’ai dit, le gros du sexe virtuel est misogyne, sexiste et machiste. Il véhicule une image dégradante de la femme et de l’homme. Les femmes sont toujours et immédiatement disponibles, parfaitement épilées, sensuelles et entreprenantes. Or une femme n’est pas toujours disponible, a besoin de temps et n’a pas forcément envie d’être « prise » dans un coin. Cette dernière expression souligne d’ailleurs bien l’aspect consumériste de la pornographie. Quant à l’homme, il est réduit à un porte-sexe. Et ces images font fantasmer.

Le porno « objectivise l’autre en effaçant tout ce qu’il y a avant et après l’acte. Seule la pénétration compte, qu’elle soit anale, buccale ou vaginale. C’est la personne pénétrée qui est essentiellement visée par les images, par les gros plans. Les visages sont des accessoires qui servent les organes sexuels. Combien d’hommes disent des femmes qu’elles sont là pour satisfaire leur conjoint ? Combien de fois entend-on, même auprès de la police, que les femmes violées l’ont cherché ? Cette façon de présenter les choses est monnaie courante dans la publicité, la presse. Cette chosification est déjà un premier pas dans la violence. Elle est poussée à son paroxysme avec le porno.

Le Net regorge de tags d’une incroyable violence. Régulièrement, des tubes porno ayant pignon sur rue dressent les tops 10 des tags les plus vus par pays. Dans ces classements se trouve « pain » (« douleur » en anglais), « classic forced sex », « sexe entre père et fille », et j’en passe… Et ce dans toutes les parties du monde, même dans des pays où visionner de la pornographie est passible de lourdes peines de prison. » (p. 26-27)

3 réflexions au sujet de « Florent Badou, Avant j’étais accroc au porno, 2015 »

  1. je n’ai pas tout lu votre message mais j’adhère immédiatement à votre campagne anti-pornographie, la difficulté est qu’il est impossible d’empêcher quelqu’un , devant son PC , de se soustraire systématiquement au bombardement par internet des messages de nature pornographique
    Il faut rappeler que NIEL a fait sa fortune , avec le minitel rose avant d’être patron de FREE

  2. S’attaquer à la pornographie sans prendre en compte qu’elle est de la prostitution totalement tolérée, alors qu’une nouvelle loi Tartuffe totalement incohérente et inique, persécute les prostituées traditionnelles et leurs clients, au nom du sacro-saint principe que le corps ne serait pas à vendre, sans même tenir compte du libre choix de disposer de son corps, par ailleurs la même loi n’a rien prévu de sérieux contre le proxénétisme, sous prétexte selon ses défenseurs, que ça ne servait à rien et qu’il fallait surtout empêcher la demande, parmi ces défenseurs certains soutiennent la position contraire quand il s’agit de la drogue en défendant les salles de shoot, leur incohérence n’a pas de limite, à moins que dans les deux cas il s’agit de favoriser les réseaux mafieux ceux du proxénétisme d’une part puisque les prostituées précarisées vont dans des zones de non-droit pour protéger leur gagne-pain, et d’autre part, soutenir les trafiquants de drogue en développant les salles de shoot, pour la prostitution on a choisi de punir et de rééduquer le client, comme dans les dictatures communistes  les religieuses, et pour la drogue on a choisi l’abandon, au nom de cette liberté  chère à l’ultralibéralisme, à commencer par celle de faire de l’argent sans scrupules ou celle de crever dans l’indifférence, et dans les deux cas, on aggrave les situations.

    On ne peut pas lutter contre la pornographie sans rappeler qu’elle est le pire exemple de la marchandisation du corps car contrairement aux légendes que veut nous faire croire certains mouvements féministes, ce n’est pas tout rose dans le porno est tout noir dans la prostitution. La notion de libre choix ou de soumission existe dans les deux formes de prostitution que sont l’industrie porno et la prostitution de rue. La différence c’est que la prostituées de rue ne fait pas de prosélytisme elle ne rentre pas dans les foyers grâce à Internet ou la télévision elle n’est pas reçue un tapis rouge sur les talk-shows télévisé, contrairement aux prostituées traditionnelles, un bel exemple de cette hypocrisie c’est quand Ruquier reçoit une prostituée suisse qui a écrit un livre pour défendre son métier pour la jeter en pâture lynchée et humiliée par tous les invités dans un machisme décomplexé qui aurait dû faire hurler nos féministes, alors que quelques mois plus tard, une célèbre actrice  et productrice porno est reçue sur le plateau avec des courbettes et une complaisance hallucinante par contre l’assistance.

    Tout ça pour dire qu’il faut rester cohérent dans un combat la pornographie est un problème d’addiction certes mais elle est aussi un problème moral, sociétal et juridique dans la mesure où elle favorise l’isolement, où elle fausse les rapports sexuels entre les gens et surtout ou le proxénétisme totalement tolérer de cette profession est une insulte à notre législation surtout quand on connaît le deux poids deux mesures de nos députés qui ont laissé passer la loi anti-prostitution sans se poser la moindre question. Pour ma part j’estime qu’il aurait été plus sage de réglementer la prostitution traditionnell, comme en Suisse , avec un contrôle psychologique et sociale pour vérifier que la fille n’est pas soumise et contraintes économiquement et surtout, avec une lutte acharnée contre les réseaux en commençant par s’attaquer à  l’industrie pornographique : une prostituée traditionnelle peut-on encore avoir un rôle éducateur vis-à-vis de jeunes hommes, ce qui ne sera jamais le cas de la pornographie industrielle qui désincarne totalement le rapport humain, en faussant notre vision de la sexualité.

    On ne combat pas un mal avec de la morale car la morale est toujours subjective, et on doit toujours s’appuyer sur la notion de droit sur des points rationnels comme dans le cas présent par exemple, les conséquences psychologiques et médicales de l’addiction à la pornographie, mais aussi le fait qu’elle est une des pires formes du proxénétisme à laquelle il faut envisager de mettre un terme, les lois doivent être basées sur le Droit et non pas l’idéologie ou la morale clientéliste du moment, mais elles doivent rester morales : on ne peut donc pas autoriser la prostitution et en interdire l’usage, et on ne peut pas vouloir abolir la prostitution en niant le libre choix de disposer de son corps d’une part, et en autorisant l’industrie pornographique, d’autre part. La lutte contre la pollution pornographique car c’est surtout une histoire de pollution ne doit pas être une lutte contre la sexualité libre entre adultes consentants, qui elle, relève du droit privé. Mon commentaire n’est pas hors sujet si vous le lisez vraiment comme il faut, l’idée que transmet implicitement la pornographie, qu’il serait bien de se prostituer, encourage le consommateur à nourrir cette mafia, sachant que dans le milieu de la pornographie il est beaucoup plus difficile de combattre le proxénétisme, en effet, car si les prostituées traditionnelles sont aujourd’hui systématiquement, considérés comme des victimes, qu’elles le veuillent ou non, que ce soit vrai ou non, mais une actrice de porno peut difficilement porter plainte elle est en général très mal perçue par les juges. Dans la lutte contre le prono il faut pas oublier que l’on encourage le proxénétisme et des pratiques d’une extrême violence morale et physique qu’aucune prostituée traditionnelle n’accepterait, même quand elle appartient à un réseau, ne serait-ce que pour protéger son outil de travail.

    1. Cher Monsieur,
      Un grand merci pour votre contribution.
      Soyez certain que notre association est bien consciente de chacun des aspects néfastes de la pornographie tels que vous les développez et ne néglige aucun argument pour réveiller les consciences.
      Nous espérons pouvoir compter sur votre soutien.

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