TEMOIGNAGES

Bonjour,

Je m’appelle Marie*, j’ai 28 ans et mon conjoint est accro au cybersex. Depuis son adolescence il consulte des sites pornographique de façon régulière et compulsive. Avant d’être concernée je ne voyais pas vraiment où était le mal, comme la plupart des femmes je préférais ne pas savoir, cela relève de son jardin secret et ne me concerne pas… Tous les hommes le font!
Malheureusement ces pratiques ne sont pas sans conséquences… Cela a engendré de nombreuses difficultés dans notre vie de couple et notre intimité (troubles de l’érection, désintérêt du plaisir féminin, sexualité impersonnelle et stéréotypée…) Bien évidemment il a tout fait pour me le cacher et comme dans bon nombre de comportement addictif il a occulté le problème jusqu’à y être confronté frontalement, il y a quelques jours.

 

Nous avions pourtant eu de nombreuses conversations à propos de notre vie intime, je lui avais fait part de mon malaise quant au manque de passion et à sa difficulté à venir vers moi. Il prétextait que c’était normal après plusieurs années de vie commune et m’a finalement expliqué que conscient de son addiction il avait depuis 2 ans essayé de se sevrer à plusieurs reprises. En vain. Il me dit qu’il souffre terriblement de cette dépendance, qu’elle engendre un profond manque de confiance en lui, une perte d’estime de soi et une paralysie face à notre sexualité. Il m’explique que c’est plus fort que lui, que même s’il en ressort honteux et malheureux il ne peut pas s’en passer. Que le sexe virtuel est partout et bien plus facile et accessible qu’une femme, que cette notion de facilité rend la sexualité avec une personne réelle extrêmement compliquée.

 

Je ne sais pas exactement ce que je viens chercher en envoyant ce mail, peut-être des conseils ou simplement dire à quelqu’un à quel point cette situation me fait souffrir. Je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas de prévention à ce sujet et je déplore que ces sites soient gratuits et en libre accès, que dans notre société la pornographie soit considérée comme normale.
Il me dit qu’il prend conscience des conséquences que son comportement addictif entraîne, qu’il est plus motivé que jamais pour arrêter définitivement mais peut-on vraiment faire confiance à un accro? Il est convaincu maintenant mais dans 15 jours, 1 mois, 6 mois…? Quand la tentation sera forte, il oubliera sans doute toutes ses bonnes résolutions…

 

Va-t-il rester pour toujours dépendant et tenté malgré un arrêt ou le fait de retrouver une sexualité réelle avec une personne réelle va lui faire enfin oublier ce besoin virtuel ? Quelle attitude dois-je adopter, le fliquer ou lui accorder ma confiance, en sachant que s’il rechute il ne m’en parlera pas…? Peut-il vraiment se sevrer tout seul sans aide extérieure? Y a t-il une consommation « acceptable » ou toute pornographie est à proscrire ?

 

Si vous avez quelques réponses et quelques explications à me donner sur les mécanismes de cette dépendance je suis preneuse… Je déteste cette position de compagne castratrice qui semble d’un autre temps, dans la société moderne la pornographie est banalisée et ne m’a jamais choquée..pourtant la dépendance est bien réelle et les conséquences également non ?

 

Nous avons discuté avec mon conjoint et j’ai de nouveau des questions.
Sa consommation est d’environ 30min hebdomadaires maximum car il se temporise depuis que nous vivons ensemble (3 ans) Il s’imposait des « pauses » d’un mois de temps à autre à défaut de pouvoir arrêter définitivement. Il me jure ne jamais avoir consulté de contenu pornographique sur son téléphone puisque cette consommation est liée à la masturbation et ne s’est fait qu’à la maison, à l’abri des regards. Par ailleurs il est pour l’instant fermé à l’idée de consulter mais s’engage à le faire s’il se sent trop en difficulté.
Ma 1ere question est celle ci : pour certains la consommation de porno est quotidienne et très chronophage, ce qui n’est pas son cas. Sa guérison sera-t-elle plus « facile » ou celle ci ne dépend pas vraiment du temps passé sur des sites X?
Ma 2e question concerne les mécanismes de cette dépendance et leur conséquences. J’ai du mal à intégrer l’idée que ces pratiques puissent être aussi délétères sur un couple et pourtant…il m’a implicitement fait croire que j’étais responsable de son manque de libido, j’ai beaucoup souffert d’avoir perdu cette complicité et l’épanouissement sexuel qui nous liaient avant, persuadée que je n’étais plus désirable. Comment une pratique qui a détruit notre intimité, l’a fait souffrir durant des mois peut-elle être si addictive? C’est le principe de l’addiction je le comprends : un fumeur fume malgré les risques, un joueur compulsif videra son compte en banque sans pouvoir s’en empêcher…mais quel est « l’intérêt » du visionnage de contenu pornographique, quelle est la motivation, qu’est ce qui rend la chose aussi attrayante et irrésistible ? Que se passe – t-il dans le cerveau pour que cela impacte si fortement la vie sexuelle d’un couple, par quels mécanismes ?
Concrètement je souhaite lui « laisser une chance » car il semble très déterminé, et conscient de la gravité de sa condition. J’entends par là ne pas insister pour qu’il consulte et ne pas en arriver à bloquer internet à la maison. Je souhaite toutefois que nous mettions par écrit ses engagements (transparence complète vis à vis de moi, lire le livre que vous avez conseillé, en cas de rechute consulter et m’autoriser à bloquer l’accès à Internet).
Je lui suis tellement reconnaissante de s’être ouvert à moi, je me sens tellement soulagée d’être déresponsabilisée de nos difficultés que jusqu’ici je portais seule, je me sens pleine d’espoir car je comprends qu’il n’y a pas de fatalité et que je vais pouvoir rouvrir le livre de l’intimité et du plaisir sexuel partagé… Peut-être que ces sentiments positifs m’aveuglent et m’empêchent de prendre les dispositions drastiques évoquées précédemment…? Je voudrais lui laisser la possibilité de s’en sortir seul car il me dit s’en sentir capable (avec mon soutien et ma bienveillance en support) sans en arriver à lui confisquer son téléphone, le pousser à consulter contre son gré et bloquer internet… Suis – je trop optimiste ?
Tous les hommes visionnent ils du porno? Dans la jeune génération il me semble que ça soit une pratique généralisée non? Et est ce que tous les hommes qui visionnent du porno sont implacablement destinés à en être dépendants ?
J’ai trouvé un site qui m’a également aidée à démêler la situation et amorcer un dialogue sain et constructif au sein de notre couple : http://www.pornodependance.com/index.html J’y ai trouvé beaucoup de réponses. Les similitudes avec les informations que vous m’avez données m’amenent à croire en la fiabilité des informations qu’il délivre. De plus mon conjoint et moi nous sommes retrouvés dans de nombreux points décrits au fil des pages.
Je ne peux rien faire de plus à mon échelle et je souhaite de tout coeur collaborer à votre action. Je peux développer certains axes si vous le souhaitez, cette parole à une fonction libératrice pour moi et si cette parole peut servir à d’autres…
Quand je constate que les 15 premières pages trouvées sur Google avec ces mots clés mènent à des sites qui promeuvent la pornographie… Ces discours m’ont plongée encore plus profondément dans la culpabilité, remettant en question mon ressenti, légitimant le visionnage de contenu pornographique, disant que rien n’est plus normal… et ces discours proviennent de soit disant professionnels! J’en suis bouleversée.
Heureusement que votre association existe, heureusement que des gens se battent pour libérer la parole et démêler le vrai du faux.
Encore merci

*Prénom modifié

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J’ai 28 ans et mon conjoint est accro au cybersex

Comment en suis-je arrivé à devenir addict à la pornographie ?

Ayant souvent été traité de « nul » à l’école surtout dans les petites classes j’ai grandi avec un grand manque de confiance en moi.
Très tôt, j’ai été entrainé dans le sexe par un membre de ma famille à la suite d’attouchements. Après une déception sentimentale j’ai sombré pendant une quinzaine d’années dans le monde de la nuit avec visionnage de DVD pornographiques. Avec le développement d’internet et le sexe facile la situation s’est aggravée et j’ai développé une véritable addiction à la masturbation. Pourtant conscient que ce n’était pas bon pour moi, je tombais chaque fois un peu plus avec des désirs de plus en plus inassouvis, le sexe « classique » ne me satisfaisait plus.

Petit à petit, j’ai connu des troubles relationnels et une grande mésestime de moi-même. Incapable de croire en mes capacités, je n’ai pas réussi à être stable dans mon travail et avoir de relations sérieuses en amitié et en amour.

Comment m’en suis-je sorti ?

Une personne très proche de moi m’a accompagné au moment des faits avec beaucoup de patience. Il a su maintenir l’envie de me battre pour m’en sortir malgré tout. Mais c’est seulement après une tentative de suicide que j’ai décidé de me battre réellement pour y arriver.

La première étape a été d’en parler à mon père qui a su me préserver en parti à la maison. Par la suite, j’en ai parlé à un ami qui a accepté d’être mon « parrain » pour qu’il m’aide à travers un parcours à prendre les bonnes décisions dans ma vie quotidienne. Il m’accompagne encore aujourd’hui et je sais que je peux le joindre en toute simplicité pour lui faire part de mes progrès ou de mes envies. J’ai tenu grâce à la confiance qu’il m’a manifestée et pourtant ça n’a pas été évident tous les jours, à cause de la honte qui m’envahissait quand je rechutais.

Aujourd’hui je suis abstinent depuis presque un an.
Après ces nombreuses années d’errance, cela m’a rendu plus fort. Je sais reconnaitre mes moments de fragilité et j’arrive à les éviter simplement.
Celui qui fuit la tentation, finit par remporter le combat.

Ce qui m’a aidé c’est de reconnaître les joies simples de ma vie, m’interdire les écrans (téléphone, tablette, ordinateur et télé) et lorsque j’ai besoin d’aller sur internet je le fais dans une pièce de passage (en l’occurrence mon salon) et jamais après 21h.

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Témoignage de Martin

Aujourd’hui j’ai dix-huit ans, et pendant environ huit ans j’ai été accro à la pornographie. La première fois que je me suis masturbé, j’avais neuf ans, j’étais en fin de CM2, je ne connaissais pas et personne ne m’en avait parlé. Je ne sais pas pourquoi, il me restait un doudou, et je jouais à me dire que si je le faisais un certain nombre de fois dans la même journée, je serai marié avec ce doudou pour toute la vie. C’est comme ça que j’ai commencé à en tomber accro.

Après dès la sixième je me suis acheté une tablette, elle était vraiment nulle mais à cause de ça j’ai commencé à regarder de la pornographie régulièrement. Pendant longtemps je ne pouvais pas regarder de vidéos, je regardais juste des images. Il s’est passé quelques années comme ça. Très vite, j’ai commencé à m’inscrire sur des sites de rencontre et à parler à des filles, j’allais sur des sites de webcam alors que je n’avais que 13 ans. Vers 13 d’ailleurs, j’ai commencé à regarder de la pornographie tous les jours. Je cherchais toujours des nouvelles vidéos, j’ai tout regardé, je regardais des vidéos avec plusieurs personnes et une seule fille, des vidéos de deux filles, des vidéos où la femme se faisait fouetter, ligoter, violer, je trouvais ça horrible mais je le faisais, j’y étais accro. Je cherchais des vidéos excitantes qui représentaient des choses que j’admirais dans la réalité, je détruisais tout ce que je trouvais encore bien et beau dans le monde. Tout ce envers quoi j’avais de l’admiration, je le cherchais dans des scénarios pornographiques. Je me rappelle que je me disais « tu verras quand tu auras 18 ans, tout sera fini depuis longtemps et tu n’y penseras même plus », et en fait non, tout n’est pas exactement fini, le combat contre la pornographie continue toujours. Il me fallait toujours des scénarios plus durs. Et en même temps que je tombais dans ce cercle vicieux à en vouloir toujours plus, je suis tombé dans une dépression. Personne ne l’a remarqué, je ne le montrais pas mais j’avais envie de pleurer tout le temps, je ne savais pas pourquoi, mais j’étais triste, je ne voulais plus vivre, je n’avais plus aucune volonté, j’espérais juste mourir. J’ai regardé au même moment des vidéos zoophiles, de femmes avec leurs animaux. Et je ne pouvais vraiment plus me passer de la pornographie.

J’ai cherché sur internet des moyens d’arrêter ça, je le voulais vraiment. J’ai cherché comment savoir si on était un malade sexuel, je faisais tout pour arrêter. Il y a un moment où il faut reconnaître qu’on a un problème avec ça, et j’en avais un. Il s’est passé quelques années où j’ai énormément diminué ma consommation jusqu’à aujourd’hui.

J’ai beaucoup encore de choses qui me permettent d’accéder à de la pornographie ; ce que j’ai fait pour éviter ça, c’est que j’ai d’abord essayé d’identifier tous les moments où je me masturbais, et je notais ça sur une feuille, par exemple quand je travaillais trop tard le soir et que j’allais regarder une vidéo de math sur mon ordinateur, en général je déviais vite sur de la pornographie. Il y avait aussi le soir si je trainais sur mon portable dans mon lit, et le matin quand je prenais mon portable pour éteindre mon réveil et que je ne me levais pas directement, j’allais très vite sur de la pornographie.

Donc j’ai essayé de régler ça, je ne me mettais jamais sur mon lit si ce n’était pas pour me coucher directement et le matin j’ai mis du temps avant de réussir mais maintenant je sors d’un coup. J’ai mis une dizaine de contrôles parentaux sur mon ordinateur et un sur mon portable, j’ai complètement bloqué internet sur mon portable, c’est vraiment quelque chose dont on peut se passer si on télécharge juste les applications nécessaires pour nos trajets ou le travail par exemple. Le code de ces contrôles parentaux c’était « Jésus aide moi ». La première fois c’était un ami qui avait défini un code, comme ça je ne pouvais vraiment rien faire c’était sûr. Maintenant il y a tellement de contrôles parentaux que je ne suis même plus tenté de regarder des sites pornographiques, il me faudrait une demi-heure pour supprimer les sécurités. En fait comme je suis face à une incapacité totale d’accéder à de la pornographie, je n’y pense même plus. Et il y a quelque chose qui m’aide beaucoup aussi, quand je suis énervé où que je ressens un désir, je me mets tout de suite en affaires de sport et je me défonce en courant plusieurs kilomètres dans la rue, ou je pompe, je saute, je me bouge ! On gagne tellement en fierté quand on a fait du sport au lieu de se laisser aller à la pornographie. Et une dernière chose que je faisais aussi, quand je me masturbais c’était un échec pour moi, alors pour ne pas finir sur un échec je récitais des Je Vous Salue Marie et quelque fois des chapelets. Comme je suis catholique, je crois que le diable existe et il ne faut pas lui laisser le dernier mot. Même ça, le simple fait de réciter une prière à chaque fois que je me masturbais, ça me redonnait confiance en moi pour repartir à 0.

Alors vraiment, si vous lisez ça, ne faites rien, ne regardez jamais d’images pornographiques, ça vous mènera directement à tout ce que je vous ai raconté et vous mettrez des années à en sortir. Une dernière chose, la pornographie m’a détruit tout sentiment, je ne suis plus capable d’être amoureux. Je ne veux pas le faire parce que je ne pense pas que ce soit utile et bien à notre âge, mais je sais que si je sortais avec une fille, la relation tournerait au sexuel très vite. Et ça m’a détruit les sentiments à un point que je ne suis plus capable d’aimer, aujourd’hui même si la pornographie n’est plus vraiment un problème, je suis presque sûr que je ne pourrai pas me marier, pas parce que je ne trouverai pas de femme, mais parce que je ne veux pas avoir une relation basée sur un sexe sans limite. La pornographie m’a détruit tout ça, vraiment je n’oserai pas me marier. Si vous lisez ça et que vous êtes accro à la pornographie, essayer d’arrêter maintenant ça formera votre volonté mieux que tout, ne repoussez pas ça au lendemain, vous vous détruirez petit à petit.

 

Nicolas*, 18 ans    (*Pseudo)

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Témoignage de Nicolas

J’ai commencé le porno fin 5ème, début 4ème. Comme beaucoup j’imagine, j’ai commencé à cause d’annonces apparaissant sur internet et hop un mauvais clic et tu tombes dans cet enfer… C’était il n’y a pas si longtemps ais j’étais encore très jeune, croyez-moi. (…)

(Suite à vidéo obscène envoyée par snapchat par un copain) Pour moi, le porno n’était que du cinéma mais on se rend compte qu’aujourd’hui, ces films deviennent un peu réalité (…). Un homme qui se masturbe donne une image de l’amour assez limitée. Les Hommes (hommes et femmes) ne sont pas des surhommes, donc plus ces vidéos se propagent, plus des gens qui ne le désirent peut-être pas vont tomber addict et l’amour ne sera que soumission de la femme, instruments de torture sexuelle, j’en passe.

(…) Le seul problème était que je ne regardais pas que des vidéos mais que je… bref vous m’aurez compris. (C’est ça pour lequel j’ai encore du boulot à faire aujourd’hui, à passer le cap de ça…). Je me mettais en relation avec des gens sur des sites de rencontre porno

et je faisais des appels vidéos (ne me jugez pas pleasssseee). Tout ça à un âge bien trop jeune. Je me sentais si mal dans ma peau : une peur du futur, du regard de mes parents, de perdre mes amis… Je me maudissais au point de tomber petit à petit dans la drogue (pas catastrophique heureusement), en m’achetant un tél pour avoir ce que je voulais en permanence. Un jour, mes parents ont changé le code Wi-Fi donc je suis restée 3 mois sans avoir accès à ces vidéos. J’ai rencontré Cassandra* et notre amitié m’a permis de combler tous les moments où j’étais seule chez moi avec mes vidéos. Cassandra m’a aidé à oublier tous ces soucis déclenchés à cause d’une putain d’annonce de m**** !

Mon déménagement n’a pas arrangé les choses car j’étais un véritable animal (c’est horrible à dire et ça me répugne) mais c’était le cas. 1 à 2 heures de vidéos le soir : c’était intenable. Une perte de temps énorme et une atteinte à ma dignité au dessus de tout ce que j’aurais pu imaginer. (…) J’étais réellement perdue ; je me sentais seule, sans personne qui me comprenait. Je suis passé très vite au stade « hard » de la pornographie et des pensées obscènes qui me suivaient partout, partout. L’esprit d’une pervers de haut niveau. (…) En classe, je rigolais pas et les seules pensées qui me venaient l’esprit étaient des choses sales alors imaginez mon état. (Après s’en être ouvert à un adulte de confiance) qui ne m’a plus parlé pendant deux semaines environ, et c’est là, avec son aide et son soutien, que j’ai pris la décision. J’ai laissé mon iphone (!!) dans une poubelle en pleine montagne. J’avais la rage de l’avoir fait parce que j’en étais incapable à mes yeux mais aujourd’hui je vous remercie tellement…

(*Pseudo)

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TÉMOIGNAGE D’ELIZABETH*

Je vais vous expliquer un peu comment je m’en suis sortie… Si ça peut servir à d’autres …

La première chose que je voudrais dire, c’est que c’est un combat que l’on ne gagne pas du premier coup, et que le plus difficile est de ne pas se laisser tomber dans le désespoir lorsque l’on retombe dans ce vice. Avec de la volonté, on peut y arriver !

Je suis tombée dans la pornographie au collège, par curiosité après avoir entendu des conversations dans ma classe… Après une longue période sans rien, j’ai fait une belle rechute, malheureusement pire qu’avant puisqu’il y avait la masturbation en plus…

Plusieurs choses ont fait que je me suis sortie de ce combat (qui a duré quelques années), et que j’ai réussi à attraper ce paquet de volonté qui me manquait avant. Tout d’abord, j’avais l’impression d’être 2 moi : moi, la fille que tout le monde connaît, souriante et gentille, et l’autre moi, que moi seule je connaissais, la fille qui retombe salement dans cette fange. Je ne supportais plus cette double personnalité. À chaque fois que ma mère me complimentait (ou même des amis) je repensais à ce deuxième sale moi qui ne collait pas du tout avec le compliment qu’on venait de me faire.

Une deuxième chose, c’est que depuis longtemps je rêve d’avoir un mari, des enfants, et pour moi c’était impensable d’avoir encore ce vice avec moi en me lançant dans la vie adulte.

Une troisième chose, c’est que j’ai commencé des études qui me prennent TOUT mon temps (et toutes mes pensées) du coup, plus d’oisiveté (souvent source de tentation…).

Une autre chose qui a été déclencheur de cette volonté et qui m’a permis d’arrêter de faire des bêtises, c’est d’en avoir parlé avec N. et de lui avoir fait complètement confiance :  ça m’a demandé une sacrée humilité et j’avoue que j’ai eu peur de son regard après lui en avoir parlé; en fait il ne me jugeait pas !!

Du coup j’en viens à donner quelques pistes, qui personnellement m’ont concrètement aider à ne plus retomber dedans :

– déjà, j’ai cherché à éviter tous les moments qui poussent à la tentation. En fait au moment où on commence à s’ennuyer, il faut foncer faire une activité (même juste sortir se balader dans la rue !).

(…)

– autre chose aussi, un soir j’ai pris un papier, et j’ai noté tout ce que j’avais vu et fait de mal. J’ai passé un horrible quart d’heure, parce que écrire permet vraiment de se rendre compte de la portée du truc. Mais une fois le papier jeté, on se sent mieux ! Je me mentais souvent à moi-même lorsque je rechutais, en me disant que ce n’est pas si grave etc… Mais la culpabilité que je ressentais était telle que ce soir-là, j’ai réussi à faire taire cette petite voix intérieure qui n’arrête pas de répéter « que ce n’est pas si grave ».

 

(*Pseudo)

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TÉMOIGNAGE DE MATHILDE*, 21 ANS