TÉMOIGNAGE DE MATHILDE*, 21 ANS

Je vais vous expliquer un peu comment je m’en suis sortie… Si ça peut servir à d’autres …

La première chose que je voudrais dire, c’est que c’est un combat que l’on ne gagne pas du premier coup, et que le plus difficile est de ne pas se laisser tomber dans le désespoir lorsque l’on retombe dans ce vice. Avec de la volonté, on peut y arriver !

Je suis tombée dans la pornographie au collège, par curiosité après avoir entendu des conversations dans ma classe… Après une longue période sans rien, j’ai fait une belle rechute, malheureusement pire qu’avant puisqu’il y avait la masturbation en plus…

Plusieurs choses ont fait que je me suis sortie de ce combat (qui a duré quelques années), et que j’ai réussi à attraper ce paquet de volonté qui me manquait avant. Tout d’abord, j’avais l’impression d’être 2 moi : moi, la fille que tout le monde connaît, souriante et gentille, et l’autre moi, que moi seule je connaissais, la fille qui retombe salement dans cette fange. Je ne supportais plus cette double personnalité. À chaque fois que ma mère me complimentait (ou même des amis) je repensais à ce deuxième sale moi qui ne collait pas du tout avec le compliment qu’on venait de me faire.

Une deuxième chose, c’est que depuis longtemps je rêve d’avoir un mari, des enfants, et pour moi c’était impensable d’avoir encore ce vice avec moi en me lançant dans la vie adulte.

Une troisième chose, c’est que j’ai commencé des études qui me prennent TOUT mon temps (et toutes mes pensées) du coup, plus d’oisiveté (souvent source de tentation…).

Une autre chose qui a été déclencheur de cette volonté et qui m’a permis d’arrêter de faire des bêtises, c’est d’en avoir parlé avec N. et de lui avoir fait complètement confiance :  ça m’a demandé une sacrée humilité et j’avoue que j’ai eu peur de son regard après lui en avoir parlé; en fait il ne me jugeait pas !!

Du coup j’en viens à donner quelques pistes, qui personnellement m’ont concrètement aider à ne plus retomber dedans :

– déjà, j’ai cherché à éviter tous les moments qui poussent à la tentation. En fait au moment où on commence à s’ennuyer, il faut foncer faire une activité (même juste sortir se balader dans la rue !).

(…)

– autre chose aussi, un soir j’ai pris un papier, et j’ai noté tout ce que j’avais vu et fait de mal. J’ai passé un horrible quart d’heure, parce que écrire permet vraiment de se rendre compte de la portée du truc. Mais une fois le papier jeté, on se sent mieux ! Je me mentais souvent à moi-même lorsque je rechutais, en me disant que ce n’est pas si grave etc… Mais la culpabilité que je ressentais était telle que ce soir-là, j’ai réussi à faire taire cette petite voix intérieure qui n’arrête pas de répéter « que ce n’est pas si grave ».

 

(*Pseudo)

Facebook Comments