TÉMOIGNAGE D’ELIZABETH*

J’ai commencé le porno fin 5ème, début 4ème. Comme beaucoup j’imagine, j’ai commencé à cause d’annonces apparaissant sur internet et hop un mauvais clic et tu tombes dans cet enfer… C’était il n’y a pas si longtemps ais j’étais encore très jeune, croyez-moi. (…)

(Suite à vidéo obscène envoyée par snapchat par un copain) Pour moi, le porno n’était que du cinéma mais on se rend compte qu’aujourd’hui, ces films deviennent un peu réalité (…). Un homme qui se masturbe donne une image de l’amour assez limitée. Les Hommes (hommes et femmes) ne sont pas des surhommes, donc plus ces vidéos se propagent, plus des gens qui ne le désirent peut-être pas vont tomber addict et l’amour ne sera que soumission de la femme, instruments de torture sexuelle, j’en passe.

(…) Le seul problème était que je ne regardais pas que des vidéos mais que je… bref vous m’aurez compris. (C’est ça pour lequel j’ai encore du boulot à faire aujourd’hui, à passer le cap de ça…). Je me mettais en relation avec des gens sur des sites de rencontre porno

et je faisais des appels vidéos (ne me jugez pas pleasssseee). Tout ça à un âge bien trop jeune. Je me sentais si mal dans ma peau : une peur du futur, du regard de mes parents, de perdre mes amis… Je me maudissais au point de tomber petit à petit dans la drogue (pas catastrophique heureusement), en m’achetant un tél pour avoir ce que je voulais en permanence. Un jour, mes parents ont changé le code Wi-Fi donc je suis restée 3 mois sans avoir accès à ces vidéos. J’ai rencontré Cassandra* et notre amitié m’a permis de combler tous les moments où j’étais seule chez moi avec mes vidéos. Cassandra m’a aidé à oublier tous ces soucis déclenchés à cause d’une putain d’annonce de m**** !

Mon déménagement n’a pas arrangé les choses car j’étais un véritable animal (c’est horrible à dire et ça me répugne) mais c’était le cas. 1 à 2 heures de vidéos le soir : c’était intenable. Une perte de temps énorme et une atteinte à ma dignité au dessus de tout ce que j’aurais pu imaginer. (…) J’étais réellement perdue ; je me sentais seule, sans personne qui me comprenait. Je suis passé très vite au stade « hard » de la pornographie et des pensées obscènes qui me suivaient partout, partout. L’esprit d’une pervers de haut niveau. (…) En classe, je rigolais pas et les seules pensées qui me venaient l’esprit étaient des choses sales alors imaginez mon état. (Après s’en être ouvert à un adulte de confiance) qui ne m’a plus parlé pendant deux semaines environ, et c’est là, avec son aide et son soutien, que j’ai pris la décision. J’ai laissé mon iphone (!!) dans une poubelle en pleine montagne. J’avais la rage de l’avoir fait parce que j’en étais incapable à mes yeux mais aujourd’hui je vous remercie tellement…

(*Pseudo)

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